Un hymne au 'Soleil'..?!

Ouf, ....apres trois jours de  'goutte froide', voici enfin Phoebus qui réappararait pour notre plus grand bonheur et, en particulier, pour les candidats au séjour en Aude, au départ imminent..!

Alors,  savourez donc ce magnifique poème d'Edmond Rostand....avant d'aller, de toute urgence, voir 'EDMOND' par <ICI>: 


Hymne au soleil   soleil-000071 dans POESIE FRANCAISE

Je t’adore, Soleil ! ô toi dont la lumière, 
Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel, 
Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière, 
Se divise et demeure entière 
Ainsi que l’amour maternel !

Je te chante, et tu peux m’accepter pour ton prêtre, 
Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu 
Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître, 
L’humble vitre d’une fenêtre 
Pour lancer ton dernier adieu !

Tu fais tourner les tournesols du presbytère, 
Luire le frère d’or que j’ai sur le clocher, 
Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère, 
Tu fais bouger des ronds par terre 
Si beaux qu’on n’ose plus marcher !

Gloire à toi sur les prés! Gloire à toi dans les vignes ! 
Sois béni parmi l’herbe et contre les portails ! 
Dans les yeux des lézards et sur l’aile des cygnes !
Ô toi qui fais les grandes lignes 
Et qui fais les petits détails!

C’est toi qui, découpant la soeur jumelle et sombre 
Qui se couche et s’allonge au pied de ce qui luit, 
De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre, 
A chaque objet donnant une ombre 
Souvent plus charmante que lui !

Je t’adore, Soleil ! Tu mets dans l’air des roses, 
Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson ! 
Tu prends un arbre obscur et tu l’apothéoses ! 
Ô Soleil ! toi sans qui les choses 
Ne seraient que ce qu’elles sont !

Edmond ROSTAND   (1868-1918)

 

Commentaires

merci Yves pour ce magnifique poème qui nous réchauffe le coeur et le corpssmiley

En réponse au "soleil " d'Yves, un extrait de chanson sur l'été qui arrive en CHARTREUSE:

Sous le regard bleu des gentianes

Qu'il est beau l'été de chez nous

On voit fleurir la valériane

Et les lis nous font les yeux doux...

Là-haut dans le vent de l'alpage

Non troupeaux resteront trois mois

Leur lait sent bon l'herbe sauvage

Au royaume des fiers chamois...